📖 RĂ©sumĂ© du livre "12 rules for life" de Jordan B. Peterson

:open_book: Résumé du livre "12 rules for life" de Jordan B. Peterson
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(Olivier Lambert) #1

Bonjour Ă  tous!

Je dois faire une confession
 Je n’ai pas Ă©tĂ© exactement actif dans le book club ces derniers temps.

Je suis toujours en plein milieu d’une lecture fascinante lorsque le nouveau livre arrive et je ne suis pas capable de lire 2 livres à la fois. :confused:

J’ai donc eut une idĂ©e et j’invite tous les membres Ă  faire comme moi.

Je vais documenter mon livre du moment et écrire les histoires et idées intéressantes que je trouve au fil de mes lectures.

Je vais mettre Ă  jour ce fil de conversation pĂ©riodiquement au fur et Ă  mesure que j’avance dans le livre et crĂ©er une nouvelle discussion pour chaque nouveau livre que j’entame.

Libre Ă  vous de commenter, critiquer et discuter des idĂ©es que j’amĂšne lors de ces discussions.

Une des raisons pourquoi c’est une idĂ©e bonne, non seulement pour moi mais pour tous, est que d’annoter et rĂ©sumer un sujet augmente drastiquement notre rĂ©tention et comprĂ©hension du sujet.

C’est donc une expĂ©rience partiellement Ă©goĂŻste qui, je l’espĂšre, va Ă©galement plaire Ă  plus d’un!

Allons-y donc pour mon livre du moment qui s’intitule 12 rules for life: an antidote to chaos.

Dans ce livre, le psychologue clinicien Jordan Peterson argumente qu’on n’est pas rĂ©ellement libre si on est esclave de notre biologie (nos Ă©motions et instincts) et que pour ĂȘtre libre, on doit s’imposer des rĂšgles et devenir une sorte de tyran bienveillant face Ă  soi-mĂȘme.

Son travail est devenu excessivement populaire suite à son opposition à la loi c-16 qui rendait un crime haineux le refus d’appeler une personne par son pronom de choix (il/elle/non-binaire, etc).

YouTube est rempli de clip dont le titre est “Jordan Peterson destroys
” car il est particuliùrement bon pour argumenter et tenir une structure logique rigide dans laquelle il ne laisse place à aucun faux argument.

Bref, ça vaut la peine de s’intĂ©resser au gars mĂȘme si on n’est pas d’accord avec lui, ne serait-ce que pour la valeur de divertissement.

De retour Ă  son livre, je vais commencer par vous partager la premiĂšre rĂšgle et vous me direz ce que vous en pensez!

Rule #1 - Stand up straignt with your shoulders back.

Dans sa premiĂšre rĂšgle, Jordan Peterson fait l’argument que les hiĂ©rarchies sociales sont en places, non pas parce qu’une Ă©lite s’est emparĂ©e du pouvoir et construit un systĂšme qui lui assure sa propre pĂ©rennitĂ© au dĂ©triment des autres (comme la gauche argumente souvent), mais bien une consĂ©quence fondamentale de notre biologie.

Pour exprimer son point, il remonte des centaines de milliers d’annĂ©es en arriĂšre et nous prĂ©sente l’un de nos plus vieux ancĂȘtres: le homard.

Le homard est intéressant pour deux raisons:

  1. Sa biologie excessivement similaire Ă  celle des ĂȘtres humains. La dopamine, sĂ©rotonine, norĂ©pinĂ©phrine, cortisol et autres neurotransmetteurs bien connus chez nous ont le mĂȘme effet chez lui.

  2. Son cerveau est extrĂȘmement simple. Lorsque le homard change de classe sociale, c’est plus facile pour lui de dĂ©truire son cerveau et d’en refaire un autre tout neuf qui respecte son nouveau statut social.

Ce que les chercheurs ont rĂ©alisĂ© est que la position du homard dans l’échelle sociale est largement dĂ©terminĂ©e par la quantitĂ© de sĂ©rotonine qu’il expĂ©rience quotidiennement.

Lorsqu’un homard perd un affront, il a moins de sĂ©rotonine et est plus susceptible de perdre un affront plus tard.

Lorsqu’un homard gagne, il a plus de sĂ©rotonine et est plus susceptible de gagner plus tard.

En donnant des antidĂ©presseurs Ă  un homard qui a perdu toutes ses “joutes sociales”, il crĂ©e littĂ©ralement un nouveau cerveau et devient plus dominant et confiant, ce qui lui permet un meilleur territoire et de meilleures chances de reproduction.

Ça
 OĂč il s’en prend Ă  beaucoup trop fort pour lui et meurt.

Tout ça pour en venir Ă  dire que la sĂ©rotonine est un des gros responsables de la prĂ©sence de hiĂ©rarchies sociales, mĂȘme chez les ĂȘtres humains.

L’idĂ©e n’est pas de dire qu’on est aussi simple que des homards, c’est loin d’ĂȘtre le cas.

L’idĂ©e est que plus une personne gagne, plus elle va gagner; et plus une personne perd, plus elle va perdre.

Notre propension Ă  gagner ou perdre, Ă  ĂȘtre combatif ou rĂ©signĂ©, provient en grande partie de notre biologie, qui influence ensuite notre position dans la hiĂ©rarchie sociale.

To stand un straight with your shoulders back is to accept the terrible responsibility of life, with eyes wide open. It means deciding to voluntarily transform the chaos of potential into the realities of habitable order. It means adopting the burden of self-conscious vulnerability, and accepting the end of the unconscious paradise of childhood, where finitude and mortality are only dimly comprehended. It means willingly undertaking the sacrifices necessary to generate a productive and meaningful reality.

[
]

So, attend carefully to your posture. Quit drooping and hunching around. Speak your mind. Put your desires forward, as if you had a right to them – at least the same right as others. Walk tall and gaze forthrigthly ahead. Dare to be dangerous. Encourage the serotonin to flow plentifully through the neural pathways desperate for its calming influence.

Si on veut se prendre en main et gagner, ça fait donc tout son sens d’optimiser son environnement et son comportement pour changer notre biologie.

Ça veut dire se tenir loin de l’alcool, la drogue, bien manger, s’entraĂźner et avoir un cycle de sommeil prĂ©visible.

Ça veut dire prendre de plus en plus de responsabilitĂ©s, de “tuer des dragons” de plus en plus intimidants et puissants.

Toutes des choses que j’admets avoir beaucoup de difficultĂ© Ă  bien gĂ©rer! :stuck_out_tongue:

Je sacrifie souvent ma santĂ© pour le gain immĂ©diat en productivitĂ©, ce qui est loin d’ĂȘtre une stratĂ©gie gagnante Ă  long terme.

Ce qui fait un segway intéressant avec la loi #2: Treat yourself like someone you are responsible for helping.

More on that in a few days :slight_smile:

D’ici lĂ , n’hĂ©sitez pas Ă  discuter de la premiĂšre rĂšgle si ça vous interpelle!

EDIT : 2019-03-13

RĂšgle #2 - Treat yourself like someone you are responsible for helping

La rĂšgle #2 est assez intĂ©ressante. La prĂ©misse de base est qu’on est plus susceptible de bien traiter son chien qu’on est de le faire pour soi-mĂȘme.

Imagine that a hundred people are prescribed a drug. Consider what happens next. One-third of them won’t fill the prescription. Half of the remaining sixty-seven will fill it, but won’t take the medication properly. They’ll miss doses. They’ll quit taking it early. They might not even take it at all.

Il cite entre autre une Ă©tude oĂč les patients qui ont reçu un transplant d’organe ne prennent pas plus leur mĂ©dication alors que les consĂ©quences sont tout simplement horribles. Dialise, rejet, etc.

Personnellement, je vois ça comme une dissociation et un manque de respect envers son futur-soi. J’ai d’ailleurs un chapitre dans Double Ta Valeur oĂč j’explique qu’on doit constamment se juger de la perspective de toi dans 5-10 ans, et j’ajouterais mĂȘme, de ton toi enfant.

Histoire de ramener les conséquences futures de ton irresponsabilité dans le présent.

Peterson interprĂšte plus ça comme une misanthropie (dĂ©dains de l’humanitĂ©) inconscient.

Et c’est là que je crois qu’il va perdre beaucoup de lecteurs.

Il est obsĂ©dĂ© par les textes religieux. La bible Ă©tant l’ouvrage le plus ancien sur terre, il existe une raison pourquoi les histoires ont Ă©tĂ© capable de survivre de cette façon Ă  travers les gĂ©nĂ©rations. Chaque dĂ©tail est important. S’il n’est pas important, il se fait oublier ou retirer au fur et Ă  mesure des itĂ©rations. AprĂšs-tout, la bible n’était pas un livre, mais bien un ensemble d’histoires qu’on passait de gĂ©nĂ©rations en gĂ©nĂ©ration.

Donc pour lui, chaque histoire représente un aspect de notre psychologie.

Il explique donc la genĂšse (Adam & Ève, le serpent, Ă©dĂšne, etc). C’est assez complexe Ă  rĂ©sumer, donc je vais sauter directement aux conclusions et, si ce genre d’histoires vous intĂ©resse, vous pourrez aller lire par vous-mĂȘme. Personnellement, je trouve ça assez fascinant.

Le fruit interdit a Ă©tĂ© offert par le diable Ă  Ève qui a Ă©tĂ© victime de sa manipulation. Ensuite, elle le fait prendre Ă  Adam, et ce dernier n’a nul autre que lui-mĂȘme et son dĂ©sir de plaire Ă  Ève Ă  blĂąmer.

La pomme donne la conscience de soi à Adam et Ève.

On a Ă©voluĂ© pour reconnaĂźtre les couleurs Ă  cause que c’est pratique d’associer la couleur rouge Ă  un fruit qui est mĂ»r. Donc c’est un peu une mĂ©taphore pour symboliser que l’évolution est responsable du fait qu’on a dĂ©veloppĂ© une conscience avec tout ce que ça implique (capacitĂ© pour le mal et pour le bien).

Ensuite, Dieu va voir adam pour prendre une marche avec dans le jardin. Quand il l’appel et qu’Adam ne vient pas tout de suite, il lui demande oĂč est-ce qu’il Ă©tait.

Adam rĂ©pond qu’il Ă©tait tout nu et qu’il a dĂ» aller mettre son pang.

Ça symbolise que notre conscience a fait en sorte qu’on ne se sent plus “digne” de marcher avec Dieu.

Bref, il est déçu et nous criss dehors.

Tout le reste de la Bible est structurĂ© de sorte que l’homme est sur une quĂȘte de rĂ©demption pour tenter de marcher, une fois de plus, aux cĂŽtĂ©s de Dieu.

It is easy to believe that people are arrogant, and egotistical, and always looking out for themselves. The cynicism that makes that opinion a universal truism is widespread and fashionable. But such an orientation to the world is not at all characteristic of many people. They have the opposite problem: they shoulder intolerable burdens of self-disgust, self-contempt, shame and self consciousness.

Thus, instead of narcissistically inflating their own importance, they don’t value themselves at all, and they don’t take care of themselves with attention and skill. It seems that people often don’t really believe that they deserve the best care, personally speaking. They are excruciatingly aware of their own faults and inadequacies, real and exaggerated, and ashamed and doubtful of their own value.

They believe that other people shouldn’t suffer, and they will work diligently and altruistically to help them alleviate it. They extend the same courtesy even to the animals they are acquainted with — but not so easily to themselves.

Il continue son raisonnement en expliquant que la grande majoritĂ© des gens sont bons et qu’on mĂ©rite de se traiter soi-mĂȘme comme si on Ă©tait quelqu’un dont on Ă©tait responsable d’aider.

Et je suis complĂštement d’accord! Des psychopathes/narcissiques/sociopathes, ça existe, mais c’est assez rare. Les chances que tu sois une personne qui mĂ©rite le dĂ©dains sont relativement faibles. Ironiquement, si tu es psychopathe, tu es la derniĂšre personne sur terre qui va se sentir inadĂ©quat!

Bref, il propose en quelques sortes de dĂ©velopper le syndrome du sauveur, mais avec soi-mĂȘme.

Ça veut dire qu’on doit considĂ©rer ce qui est “bon” pour nous.

Bon ne veut pas dire “ce qu’on veut” et ça ne veut pas dire non plus “ce qui nous apporte du bonheur”.

Selon lui, avoir pour objectif “d’ĂȘtre heureux” est une doctrine dangereuse.

C’est super controversĂ© parce que 99% des gens rĂ©pondent “ĂȘtre heureux” lorsqu’on leur demande: “qu’est-ce que tu veux dans la vie”.

Je suis complĂštement d’accord avec lui. Mark Manson partage Ă©galement son opinion dans “The Subtle Art of Not Giving a Fuck” (le livre du mois de septembre).

Quand on donne des bonbons à un enfant, ça les rend heureux, mais ce n’est pas “bon” pour eux.

Je pense que l’idĂ©e de dĂ©velopper une figure paternelle interne qui nous coach et nous impose les bons choix est loin d’ĂȘtre stupide.

Juste lundi soir, j’ai fini Ă  5h du matin beaucoup trop saoul pour mon propre plaisir. Tellement que je n’ai pas pu travailler de la journĂ©e mardi!

Certains ont dĂ©jĂ  une discipline de feu, alors peut-ĂȘtre que ce conseil ne s’applique pas trop Ă  eux. Mais dans mon cas, je penche dĂ©finitivement un peu trop du cĂŽtĂ© du chaos et j’ai besoin d’un peu plus d’ordre dans ma vie.

L’ensemble de son livre se veut une balance entre l’ordre et le chaos, alors c’est trĂšs certainement possible d’ĂȘtre atteint du syndrome inverse et d’avoir besoin d’un peu plus de chaos.


(Melodie Lambert) #2

Tu pourrais aussi l’ajouter dans les livres qui passent au vote, ça me semble bien intĂ©ressant tout ca! :stuck_out_tongue:


(Benoit Desforges) #3

J’ai arrĂȘtĂ© de lire ton post quand il a Ă©tĂ© question des pronoms de son choix
pour moi c’est de la maladie culturelle.

Mais comme j’aime faire challenger mes idĂ©es, je vais me procurer le livre

Il reste 3 semaines au mois de Mars anyway :laughing:


(Olivier Lambert) #4

Il Ă©tait contre hahahahaha :wink:


(Passionnée de copywriting) #5

J’admire ce gars-là un peu comme j’admire Marine LePen.

C’est un grand orateur, pas de doute.

Sa spĂ©cialitĂ©, c’est de faire des statements ambigus, et donc difficiles Ă  critiquer. Je le faisais souvent quand je faisais du dĂ©bat de compĂ©tition. Il aime aussi mettre de la poutine acadĂ©mique Ă  travers son propos pour donner l’impression qu’il maĂźtrise intensĂ©ment un sujet.

Mais dĂšs qu’on s’intĂ©resse de plus prĂšs Ă  ce qu’il dit, on dĂ©couvre un conservateur traditionaliste somme toute assez ordinaire
 Avec en bonus des thĂ©ories du complot et des croyances spirituelles un peu weird.

Il est trĂšs pro religion (mĂȘme s’il ne le dira pas comme ça, parce que l’ambiguĂŻtĂ© le sert bien). Il dit notamment que l’athĂ©isme mĂšne au totalitarisme. Ah, pis il est anti-porn.

Moi je suis une vraie féministe extrémiste là. :stuck_out_tongue:

Mais mĂȘme pour les « Ă©galitaires » les plus frileux, son discours sur les femmes est dĂ©gueulasse. Ses vues sur le mariage
 Sa croyance que les hommes et les femmes ne peuvent pas travailler ensemble
 Ou qu’une femme qui se maquille dĂ©sire ĂȘtre harcelĂ©e sexuellement


TsĂ© sa thĂ©orie du homard
 C’est bien beau. Mais moi aussi je pourrais choisir un animal qui a X ou Y point commun avec l’humain et avancer une thĂ©orie lĂ -dessus. C’est pas scientifique pour autant.

On peut tu s’entendre pour dire qu’on a pas mal plus en commun avec les cochons ou les certains primates que les homards? Je veux dire
 On est mĂȘme pas invertĂ©brĂ©s. :joy:

Bref. Je le trouve divertissant. C’est une belle Ă©tude de cas de persuasion. Mais je suis trop fĂ©ministe, trop athĂ©e et trop scientifique pour lui accorder de la crĂ©dibilitĂ©.


(Karine Davidson Tremblay) #6

My god ! Tu vois, ça, ça ne me donne pas le goût de le lire ! :sweat_smile:


(Passionnée de copywriting) #7

Pour vrai ça reste intéressant. :sweat_smile:

Je ne l’ai pas achetĂ© parce que je ne voulais pas l’encourager monĂ©tairement, mais je trouve ça pertinent de m’exposer Ă  des opinions trĂšs contraires Ă  la mienne. Alors je l’ai lu.

Surtout que ce gars-lĂ  a une armĂ©e d’admirateurs VRAIMENT intenses. Genre ils font des menaces de mort aux gens qui bashent Peterson sur YouTube.

Mais bon. Moi j’ai vraiment une fascination pour ces personnalitĂ©s-lĂ . Je watch aussi beaucoup d’entrevues de Marine parce qu’elle est vraiment douĂ©e pour contrĂŽler la personne qui pose les questions.


(Olivier Lambert) #8

Je m’attendais Ă  cette rĂ©action aprĂšs notre discussion :laughing:

Pour ce genre de sujets, il faut discuter du contenu que je propose et pas juste dire “Il a des opinions de marde et je ne suis pas d’accord avec lui”.

Quel argument exactement? Tu fais de grosses généralisations dans ton post.

Tu n’es pas d’accord que la sĂ©rotonine contribue Ă  la construction de hiĂ©rarchies?

Tu n’es pas d’accord que les hiĂ©rarchies sont naturelles?

Tu n’es pas d’accord qu’il faut optimiser sa routine et son environnement pour optimiser le flow de sĂ©rotonine dans son corps?

Tiens-toi en au sujet directement apportĂ© et Ă©vite de t’étendre sur tout ce que le gars a dit stp, sinon on en finira jamais. :stuck_out_tongue:

Pour les autres qui lisent, sachez que moi et Alexe on adore argumenter sur ce genre de sujet et qu’il n’y a aucune animositĂ© entre nous deux. :laughing: Je ne voudrais pas qu’on donne la mauvaise impression aux gens si jamais on en vient Ă  critiquer les rĂ©flexions de l’autre.


(Passionnée de copywriting) #9

Ton disclaimer est parfait. :face_with_hand_over_mouth:

Mettons que je m’intĂ©resse spĂ©cifiquement au chapitre des homards


Ça se pourrait trĂšs bien que la sĂ©rotonine contribue Ă  la construction de hiĂ©rarchies. C’est le cas chez beaucoup de crustacĂ©s. Cool.

En fait, spoiler, je suis mĂȘme d’accord avec lui quand il dit que les hiĂ©rarchies sont naturelles. Je serais bien incapable de te nommer une seule espĂšce qui n’est pas organisĂ©e hiĂ©rarchiquement d’une façon X ou Y.

(Mais lĂ  si je commence Ă  te partager ma vision de l’humain, de la sociĂ©tĂ© pis toute pis toute, on va avoir besoin de beaucoup de scotch pis de gĂąteau au fromage.)


 Je trouve juste que son bouquin n’en fait pas la dĂ©monstration.

Il y a un gouffre immense entre « la sĂ©rotonine affecte le homard de X façon » et « l’humain est affectĂ© par la sĂ©rotonine de façon similaire ».

Est-ce que j’ai vraiment besoin de dire que l’humain et le homard sont diffĂ©rents? Nos sociĂ©tĂ©s sont plus complexes, plus organisĂ©es (et moins « naturelles », diraient certains) que chez le homard. Notre systĂšme nerveux et notre cerveau sont complĂštement diffĂ©rents de ceux d’un invertĂ©brĂ©.

Je te cite :

L’idĂ©e est que plus une personne gagne, plus elle va gagner; et plus une personne perd, plus elle va perdre.

Notre propension Ă  gagner ou perdre, Ă  ĂȘtre combatif ou rĂ©signĂ©, provient en grande partie de notre biologie, qui influence ensuite notre position dans la hiĂ©rarchie sociale.

Tout au long du chapitre, il utilise (sciemment) un vocabulaire de compĂ©tition. D’oĂč son exemple du homard, qui lui permet d’illustrer son point.

Peterson se fait un devoir de nous montrer comment les personnes qui font preuve de compassion sont naïves et se laissent faire. (En faisant du cherry picking d’exemples dignes du meilleur ouvrage de psycho pop.)

Suivant sa logique, ces personnes auraient un déficit de sérotonine.

Mais si on s’intĂ©resse Ă  d’autres espĂšces que le homard, qui sĂ©crĂštent elles aussi de la sĂ©rotonine, elles n’auront pas les mĂȘmes comportements. On trouve beaucoup de comportements d’entraide et de collaboration dans la nature, n’en dĂ©plaise Ă  Peterson. :slight_smile:

Si tu lis un peu sur la sĂ©rotonine, tu vas voir que chez l’humain et les primates, elle est trĂšs associĂ©e Ă  des comportements pro-sociaux, notamment Ă  la rĂ©ciprocitĂ© et mĂȘme Ă  l’empathie. Plus tu es boostĂ© Ă  la sĂ©rotonine, moins tu es capable de faire du mal aux autres. À l’opposĂ©, un dĂ©ficit de sĂ©rotonine va te rendre plus portĂ© vers l’agression.

Du coup, je vois mal comment l’analogie de Peterson peut tenir la route
 Et comment ça peut se manifester aussi simplement qu’il l’avance dans la hiĂ©rarchie chez les humains.

Parce qu’on n’est pas des homards. :lobster:


(Jordan Berube) #10

Salut Ă  tous :sweat_smile:,

Je suis carrĂ©ment hors sujet et je m’excuse de m’incruster en plein milieu d’un dĂ©bat :wink: ! Mais sincĂšrement @Olivier_Lambert, j’adore le concept de dĂ©battre chapitre par chapitre ce genre de livre, je trouve ça trĂšs instructifs et du fait mĂȘme nous ouvre d’autre façon de penser avec preuve Ă  l’appui ! Je crois par le fait mĂȘme que personne n’a rĂ©ellement la vĂ©ritĂ© absolue, mais nous pouvons juger par ces dĂ©bats assez divertissant par nous mĂȘme selon nos connaissances ce qui risque d’ĂȘtre une vĂ©ritĂ© plus probable :stuck_out_tongue_winking_eye: ! Autant dans les deux cĂŽtĂ©s dans ce cas ci ou tout les cĂŽtĂ© dans d’autre cas, les points que vous amenez sont trĂšs pertinent.


(Olivier Lambert) #11

Si tu veux lui mettre des mots dans la bouche, il va falloir que tu ressortes ton livre et citer les passages, parce que je ne suis aucunement d’accord avec ton interprĂ©tation.

Ton argument semble ĂȘtre: pour gagner la compĂ©tition et s’élever dans l’échelle sociale, la compassion est un handicap puisque toute forme de compĂ©titivitĂ© se base sur un conflit physique.

Il ne dit jamais ça. Au contraire d’ailleurs. Les homards ont un systĂšme de “danse” oĂč ils Ă©valuent mutuellement leurs statut social, tout ça dans l’objectif d’éviter un combat.

Suite Ă  l’affront, un 3e homard pourrait trĂšs bien ĂȘtre opportuniste et se battre contre le homard alpha blessĂ© et gagner.

Selon lui, la recherche de concensus et le leadership sont des stratégies beaucoup plus viables pour élever son statut social.

Il dit mĂȘme:

Maintenant, tu ne sembles pas d’accord avec cet Ă©noncĂ©:

Il s’agit en fait du winner effect qui est un phĂ©nomĂšne assez bien documentĂ©.

Le focus est au niveau des neurotransmetteurs (plus tu gagnes, plus tu as de dopamine/testostĂ©rone/sĂ©rotonine/etc.) mais j’irais mĂȘme Ă  dire que c’est social. Plus tu gagnes, plus socialement les gens s’attendent Ă  ce que tu gagnes et plus tu risques de gagner. Surtout en entrepreneuriat.

Et non seulement ça, mais il faut faire attention Ă  l’effet inverse. Si tu perds toute ta vie, c’est facile de tomber dans une mentalitĂ© de victime ou rien n’est possible et tout est un complot contre toi.

Un peu comme ce gars qui a commenté le webinaire de cette semaine:

image

C’est clairement un mixte de facteurs biologique (notre ADN exĂ©cute des programmes de winner/looser, reconfigure notre cerveau et notre corps pour accommoder la situation prĂ©sente), des facteurs cognitifs (j’ai une sĂ©rie d’expĂ©rience de rĂ©fĂ©rence qui justifie ma confiance ou mon insĂ©curitĂ©) et des facteurs sociaux (je suis supportĂ© ou pas par mon entourage immĂ©diat).

Tu peux attaquer le winner effect sur une de ces 3 bases lĂ , mais tu ne peux pas nier son existence.

Fais attention lorsque tu généralises sans justifier.

OĂč est-ce qu’il dit ça? Shoot une vidĂ©o, un extrait. Mais dĂ©fend chaque argument stp. Sinon ça va vite dĂ©gĂ©nĂ©rer et sortir d’une discussion rationnelle.

Ça ne me dĂ©range pas de critiquer le gars, mais on va le faire sur le contenu de ses arguments. :slight_smile:


(Passionnée de copywriting) #12

J’ai rapidement relu en diagonale son premier chapitre, et j’ai encore eu le mĂȘme feeling vis-Ă -vis sa perception de l’empathie. Il y a un tout petit passage oĂč il dit que les comportements pro-sociaux peuvent ĂȘtre importants (quand il parle des chimpanzĂ©s), mais c’est un minuscule paragraphe. Il compare ça Ă  la tactique d’embrasser des bĂ©bĂ©s en politique
 Bof.

Et j’ai encore eu du mal Ă  rassembler le tout. Quand je le lis, je me sens comme un prof de maths devant une copie avec quelques bonnes rĂ©ponses, mais sans les dĂ©marches qui les accompagnent.

J’ai plein de questions pour lui.

Qu’est-ce qu’on fait des gens hauts placĂ©s dans la hiĂ©rarchie, mais qui sont dĂ©pressifs ou alcooliques ou droguĂ©s? Il se passe quoi avec leur sĂ©rotonine? Est-ce que les hiĂ©rarchies sont absolues? À la place de s’y conformer, pourquoi ne pas les critiquer? Si je reconstruis ma dĂ©finition du succĂšs et mon mindset en consĂ©quence, je pourrais avoir un niveau de sĂ©rotonine bien plus Ă©levĂ© que quelqu’un au top de la hiĂ©rarchie (tel que dĂ©fini par Peterson) non?

En mĂȘme temps, je suis pas mal convaincue que son conseil final, de se comporter comme un gagnant, peut juste avoir un impact positif. Mettons qu’il y a des rĂšgles dans le livre qui me dĂ©rangent plus que celle-lĂ  !

Bref. Je n’ai pas le courage de me retaper son livre pour un dĂ©bat sur internet, alors I guess de je dĂ©clare forfait. :confused:

Je sais, c’est poche
 Mais j’optimise ma sĂ©rotonine en lisant des livres que j’apprĂ©cie.

Je vais donc laisser les membres de La Tranchée se faire leur propre opinion !

J’interviendrai peut-ĂȘtre quand tu seras rendu au chapitre qui m’avait le plus dĂ©rangĂ©e. Ça va ĂȘtre un meilleur investissement de mon temps.


(Jeanbernarddonnay) #13

TrÚs bon travail ça vaut la peine


(Olivier Lambert) #14

Un montage assez hilarant des deux entrevues de Jordan Peterson sur le podcast de Joe Rogan:


Les entrevues:


(Olivier Lambert) #15

RĂšgle #2 - Treat yourself like someone you are responsible for helping

La rĂšgle #2 est assez intĂ©ressante. La prĂ©misse de base est qu’on est plus susceptible de bien traiter son chien qu’on est de le faire pour soi-mĂȘme.

Imagine that a hundred people are prescribed a drug. Consider what happens next. One-third of them won’t fill the prescription. Half of the remaining sixty-seven will fill it, but won’t take the medication properly. They’ll miss doses. They’ll quit taking it early. They might not even take it at all.

Il cite entre autre une Ă©tude oĂč les patients qui ont reçu un transplant d’organe ne prennent pas plus leur mĂ©dication alors que les consĂ©quences sont tout simplement horribles. Dialise, rejet, etc.

Personnellement, je vois ça comme une dissociation et un manque de respect envers son futur-soi. J’ai d’ailleurs un chapitre dans Double Ta Valeur oĂč j’explique qu’on doit constamment se juger de la perspective de toi dans 5-10 ans, et j’ajouterais mĂȘme, de ton toi enfant.

Histoire de ramener les conséquences futures de ton irresponsabilité dans le présent.

Peterson interprĂšte plus ça comme une misanthropie (dĂ©dains de l’humanitĂ©) inconscient.

Et c’est là que je crois qu’il va perdre beaucoup de lecteurs.

Il est obsĂ©dĂ© par les textes religieux. La bible Ă©tant l’ouvrage le plus ancien sur terre, il existe une raison pourquoi les histoires ont Ă©tĂ© capable de survivre de cette façon Ă  travers les gĂ©nĂ©rations. Chaque dĂ©tail est important. S’il n’est pas important, il se fait oublier ou retirer au fur et Ă  mesure des itĂ©rations. AprĂšs-tout, la bible n’était pas un livre, mais bien un ensemble d’histoires qu’on passait de gĂ©nĂ©rations en gĂ©nĂ©ration.

Donc pour lui, chaque histoire représente un aspect de notre psychologie.

Il explique donc la genĂšse (Adam & Ève, le serpent, Ă©dĂšne, etc). C’est assez complexe Ă  rĂ©sumer, donc je vais sauter directement aux conclusions et, si ce genre d’histoires vous intĂ©resse, vous pourrez aller lire par vous-mĂȘme. Personnellement, je trouve ça assez fascinant.

Le fruit interdit a Ă©tĂ© offert par le diable Ă  Ève qui a Ă©tĂ© victime de sa manipulation. Ensuite, elle le fait prendre Ă  Adam, et ce dernier n’a nul autre que lui-mĂȘme et son dĂ©sir de plaire Ă  Ève Ă  blĂąmer.

La pomme donne la conscience de soi à Adam et Ève.

On a Ă©voluĂ© pour reconnaĂźtre les couleurs Ă  cause que c’est pratique d’associer la couleur rouge Ă  un fruit qui est mĂ»r. Donc c’est un peu une mĂ©taphore pour symboliser que l’évolution est responsable du fait qu’on a dĂ©veloppĂ© une conscience avec tout ce que ça implique (capacitĂ© pour le mal et pour le bien).

Ensuite, Dieu va voir adam pour prendre une marche avec dans le jardin. Quand il l’appel et qu’Adam ne vient pas tout de suite, il lui demande oĂč est-ce qu’il Ă©tait.

Adam rĂ©pond qu’il Ă©tait tout nu et qu’il a dĂ» aller mettre son pang.

Ça symbolise que notre conscience a fait en sorte qu’on ne se sent plus “digne” de marcher avec Dieu.

Bref, il est déçu et nous criss dehors.

Tout le reste de la Bible est structurĂ© de sorte que l’homme est sur une quĂȘte de rĂ©demption pour tenter de marcher, une fois de plus, aux cĂŽtĂ©s de Dieu.

It is easy to believe that people are arrogant, and egotistical, and always looking out for themselves. The cynicism that makes that opinion a universal truism is widespread and fashionable. But such an orientation to the world is not at all characteristic of many people. They have the opposite problem: they shoulder intolerable burdens of self-disgust, self-contempt, shame and self consciousness.

Thus, instead of narcissistically inflating their own importance, they don’t value themselves at all, and they don’t take care of themselves with attention and skill. It seems that people often don’t really believe that they deserve the best care, personally speaking. They are excruciatingly aware of their own faults and inadequacies, real and exaggerated, and ashamed and doubtful of their own value.

They believe that other people shouldn’t suffer, and they will work diligently and altruistically to help them alleviate it. They extend the same courtesy even to the animals they are acquainted with — but not so easily to themselves.

Il continue son raisonnement en expliquant que la grande majoritĂ© des gens sont bons et qu’on mĂ©rite de se traiter soi-mĂȘme comme si on Ă©tait quelqu’un dont on Ă©tait responsable d’aider.

Et je suis complĂštement d’accord! Des psychopathes/narcissiques/sociopathes, ça existe, mais c’est assez rare. Les chances que tu sois une personne qui mĂ©rite le dĂ©dains sont relativement faibles. Ironiquement, si tu es psychopathe, tu es la derniĂšre personne sur terre qui va se sentir inadĂ©quat!

Bref, il propose en quelques sortes de dĂ©velopper le syndrome du sauveur, mais avec soi-mĂȘme.

Ça veut dire qu’on doit considĂ©rer ce qui est “bon” pour nous.

Bon ne veut pas dire “ce qu’on veut” et ça ne veut pas dire non plus “ce qui nous apporte du bonheur”.

Selon lui, avoir pour objectif “d’ĂȘtre heureux” est une doctrine dangereuse.

C’est super controversĂ© parce que 99% des gens rĂ©pondent “ĂȘtre heureux” lorsqu’on leur demande: “qu’est-ce que tu veux dans la vie”.

Je suis complĂštement d’accord avec lui. Mark Manson partage Ă©galement son opinion dans “The Subtle Art of Not Giving a Fuck” (le livre du mois de septembre).

Quand on donne des bonbons à un enfant, ça les rend heureux, mais ce n’est pas “bon” pour eux.

Je pense que l’idĂ©e de dĂ©velopper une figure paternelle interne qui nous coach et nous impose les bons choix est loin d’ĂȘtre stupide.

Juste lundi soir, j’ai fini Ă  5h du matin beaucoup trop saoul pour mon propre plaisir. Tellement que je n’ai pas pu travailler de la journĂ©e mardi!

Certains ont dĂ©jĂ  une discipline de feu, alors peut-ĂȘtre que ce conseil ne s’applique pas trop Ă  eux. Mais dans mon cas, je penche dĂ©finitivement un peu trop du cĂŽtĂ© du chaos et j’ai besoin d’un peu plus d’ordre dans ma vie.

L’ensemble de son livre se veut une balance entre l’ordre et le chaos, alors c’est trĂšs certainement possible d’ĂȘtre atteint du syndrome inverse et d’avoir besoin d’un peu plus de chaos.