Croyez-vous encore à l'université?

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Croyez-vous encore à l'université?
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(Marie-Pierre Guignard) #1

Avec toutes ces ressources qu’on retrouve sur le web pour apprendre, avec la technologie amène du changement plus rapidement que jamais, est-ce que vous croyez encore à l’université?

En marketing, domaine dans lequel j’ai étudié 6 ans, je peux affirmer que je ne crois absolument plus à l’université pour montrer quoi que ce soit aux jeunes d’aujourd’hui.

J’en ai déjà parlé à plusieurs reprises, il n’y a aucun concept appris dans mes 6 années que j’ai appliqué sur le marché du travail (ah, sauf Photoshop!).

Bien sûr, ça n’aura pas été perdu, ça m’a permis de développer mon jugement, mes interactions avec autrui, le travail d’équipe, prendre confiance en moi, présentations, etc. Mais côté notions, un gros 0. :confused:

Est-ce que l’apprentissage du marketing est un cas à part? Ou c’est généralisé à d’autres domaines aussi d’après vous? :dizzy_face:


(François Douville) #2

Bon sujet de discussion Marie-Pierre!

Je suis contre le système d’éducation actuel. La façon que c’est fait, peu importe le domaine, c’est : apprend par coeur, chie ça sur une feuille 2-3 fois par sessions. Et oublie. Tu vas réapprendre anyway sur le marché du travail… on perd un temps fou sur les bancs d’école. Et je parle en connaissance de cause, j’ai enfin terminé cet enfer à mes 29 ans. J’ai fais la boucle “quitté, revenu, changé de domaine” au moins 3 fois depuis le cégep.

Je vois que dans certains domaines, tels le marketing, ça évolue tellement vite que l’école n’a pas le temps de suivre. Par contre, mes études récentes sont dans le domaine de la science, en biologie plus précisément, et je dois dire que c’est assez à jour. Malheureusement, en science, tu peux pas passer à côté de l’école. Les employeurs ne t’engageront pas si t’as pas tes diplômes. À moins d’être vraiment crinqué et d’inventer quelque chose haha Je crois que peu importe le domaine, si t’es un prodige, ça peut remplacer un diplôme…


(Benoit Desforges) #3

Je dirais que ça dépend de ce qu’on entend par “croire”…par contre ce que je crois c’est qu’on s’est fait mentir lorsqu’on était plus jeune sur la nécessité de poursuivre des études supérieures pour avoir de bonnes opportunités et de bons revenus.

D’un point de vue monétaire, je pense que l’université est un scam. Du moins, l’importance qu’on lui accorde est souvent mensongère.

Un des principes les plus simples et fondamentaux en économie (qui ne demande pas un cours de 15 semaines) est l’offre et la demande. Or, on est allez dire à plein de jeunes au milieu de leur développement personnel qu’ils devaient être studieux et entreprendre des études supérieures s’ils voulaient en venir à quelque chose dans la vie.

L’option B était d’intégrer le marché du travail immédiatement ou de suivre un DEP.

Je crois personnellement qu’en 2018, un DEP en électromécanique ou en traitement des eaux usées vaut beaucoup plus qu’un cours de 2e cycle en étude des genres.

En plus, l’engouement qu’il y a eu depuis les 20 dernières années a créé une pénurie de relève dans presque tous les métiers “traditionnels”.

Dans un domaine entrepreneurial, les gens vont souvent tenir pour acquis que tu as certains prérequis académiques même si tu ne les as pas. Ta crédibilité vient souvent de tes accomplissements plutôt que par ton bagage académique.


(Marie-Pierre Guignard) #4

Tellement, my god ça été ma vie pendant 6 ans @francois.douville.
Contente d’avoir l’avis de quelqu’un en sciences!

100% d’accord !!!


(Coach) #5

Je suis d’accord avec les idées énoncées pas @Benoit_Desforges et @francois.douville sur l’utilité ou l’inutilité de l’université, mais je ne me prononcerai pas trop là-dessus: j’ai fait un diplôme technique au cégep :smirk:

Néanmoins, la formation en éducation spécialisée que j’ai acquise après 3 ans de cours ne m’a jamais paru très pertinente puisque c’est souvent sur des facteurs humains (qualités personnelles, attitudes, expérience) que le choix d’un employé s’effectue. Et je me passe de parler de favoritisme ou de plug qui nuit grandement à l’embauche des “bonnes personnes” et pas de celles qui ont les bons contacts.

En plus, ce fameux Diplôme Technique en Éducation Spécialisée me nuit maintenant … même avec 15 ans d’expérience, les postes de cadre, de chef d’équipe et de clinicien me sont fermés à jamais … t’as pas le bacc, t’as pas la job, fin de la réflexion. C’est la raison pour laquelle je me lance à mon compte parce, comme disait @Benoit_Desforges :

Ta crédibilité vient souvent de tes accomplissements plutôt que par ton bagage académique.


(Alexandramartel) #6

J’ai beaucoup de choses à reprocher à l’université.

J’ai eu des cours ennuyeux à mourir. J’ai appris par coeur des articles du Code civil pour les recracher lors d’examens longs, pénibles et anxiogènes. J’ai payé des centaines de dollars par session en livres que j’ai à peine ouverts.

À l’Université Laval, je me suis retrouvée dans des amphithéâtres sans fenêtres avec plus de 200 personnes, à me battre pour m’assoir suffisamment près pour entendre le prof, assise sur une chaise en bois qui craque avec un minuscule espace pour écrire où un Macbook Air 11po ne tient pas.

En droit, je me suis absentée certaines sessions de 75% de mes cours. J’étais incapable de me concentrer en classe et j’apprenais mieux de manière autodidacte, en lisant et annotant la jurisprudence par moi-même ou avec des amis.

Mais l’université m’a tellement donné…

J’ai eu des professeurs extraordinaires qui ont changé ma vie. Des gens passionnés et passionnants qui m’ont donné envie de pousser plus loin, de travailler plus fort, d’apprendre plus.

Je pense à mon cours de Cyberdroit, où la prof devait complètement refaire son syllabus à chaque année à cause des évolutions dans la jurisprudence, mais qui le faisait avec enthousiasme. Je pense à ma prof de Mandarin, à l’Université Laval, qui passait de longues heures dans son bureau après les classes à nous aider à discerner les tons. Je pense à mon prof de droit international qui nous racontait ses anecdotes de pratique extraordinaires, à ma prof d’analyse féministe du droit qui m’a présenté les approches critiques, à ma prof de Théories qui m’a laissée m’inscrire à son cours de maîtrise même si je n’avais pas le niveau.

Il y a peu de milieux aussi effervescents que l’université, avec ses associations étudiantes, ses clubs de débat, d’entrepreneuriat, ses simulations des Nations Unies et que sais-je encore.

Le deuxième cycle est tout un autre monde, avec ses défauts, certes, mais ses opportunités également.

Bref. Je crois à l’université. Je crois qu’on pourrait garder le meilleur et jeter le reste aux poubelles. :slight_smile:


(Marie-Michèle Doyon) #7

@Alexe si je pouvais je mettrais 2 coeurs à ton message! :smile:

J’ai étudié en marketing et entrepreneuriat gestion de pme, et comme @Marie_Pierre je ne trouve pas que ça été à la hauteur de mes attentes du côté des notions. Je n’ai eu aucun cours qui touchait ne serait-ce qu’un tout petit peu au marketing web, alors que j’ai gradué en 2015!

Dans les 3 dernières années, j’ai tellement plus appris que durant ces 3 trois années d’université! Néanmoins, il faut reconnaître un point positif au moins pour le bacc en admin, c’est que la première année m’a fait essayer un peu de tout : comptabilité, marketing, ressources humaines, fiscalité, droit des affaires, économie… Je suis heureuse d’avoir les bases dans ces domaines aujourd’hui, même si mes souvenirs sont déjà vagues! Et je crois que les études universitaires ont encore leur place pour les domaines scientifiques. Je pense à mon ex qui a fait sa maîtrise en chimie, il aurait difficilement pu apprendre sur le tas sans avoir accès à tous les équipements nécessaires à son domaine!

Comme Alexe, je pense que l’université peut être riche de rencontres et d’expériences inspirantes. Je me suis fait plusieurs amis dans mon premier domaine d’étude (service social) qui sont encore de très bons amis aujourd’hui. J’ai aussi connu des professeurs passionnés et passionnants tout au long de mon parcours scolaire, mais je crois aussi que j’aurais bien pu rencontrer toutes ces belles personnes en voyageant ou en accumulant d’autres expériences “terrain”. :slight_smile:


(Christiana Koan) #8

Moi aussi j’ai tellement appris c quoi le marketing ailleurs que dans mon bac !

Je pense aussi que l’université a besoin d’un gros UPDATE dans leur système !
J’aurais raccourci à 1an et demi le bac en marketing au lieu de 3 ans de théories michael porter et les frais scolaires (les maudits dettes étudiants)… Je crois fermement que tout ce qui est gestion, entrepreneuriat, vente et marketing, ya pas besoin de diplôme et l’expérience est de prime sur le marché du travail. Bref, la meilleure école c’est directement sur le tas, en entreprise, auprès des gens expérimenté, passionnée que ça soit sur web ou en vrai.

Dans tribe of mentors, Kevin kelly disait " I started my first business with $200… I learned far more about business from that $200 than from a debt-inducing MBA"

Pour tous les domaines, l’université pourrait investir à former davantage les professeurs pour que leur cours donnent envie d’écouter (au moins à 80% pour le prix de chaque cours). J’en en ai eu en admin, mais j’ai l’impression qu’en science c’était pire. J’ai des amis en génie qui me racontaient souvent combien c’était la mort de suivre tel professeur!

ou intégrer des cours de"comment apprendre plus rapidement", le speed reading, des techniques qui permettent à l’étudiant d’en avoir pour plus pour l’apprentissage qu’on lui donne. Bien sûr un peu de marketing autour de ces cours pour que les étudiants aient le goût d’y aller.

Anyway


(Simon Brisson) #9

Wow très intéressant! Merci @Marie_Pierre

Je regardais justement pour m’inscrire à quelques cours universitaires pour approfondir certains domaines en affaires (gestion d’entreprise)

C’est la première fois que je vois des réponses honnêtes de personnes qui ont des diplômes et qui ne croit pas que ce soit une obligation pour progresser dans leur domaine…

Néanmoins croyez vous que cela peut vous apporter une plus grande confiance en vous avec un diplôme universitaire ?


(M Bisaillon) #10

Je suis présentement à ma dernière session à l’université. Je suis totalement d’accord avec tout les arguments sur " étudier et vomir sur l’exam"… une vrai perte de temps.

Cependant, je ne regrette pas mon parcours. On y gagne en maturité, on développe notre sens critique, on apprend à collaborer, on rencontre des gens super qui clairement on un impact dans notre vie (Enseignant, étudiants, etc).

Il n’y a pas que des points négatifs, par contre oui… il faudrait vraiment revoir les programmes et éviter la confusion entre les cours (un prof dit quelque chose et l’autre dit l’inverse, ça m’est arrivé à quelque reprises).


(Marie-Michèle Doyon) #11

@Simon_Brisson ma réponse est très personnelle, mais je ressens beaucoup plus de fierté et de confiance par rapport à mes réalisations professionnelles qu’à mon bacc, car un bacc, plein de gens en ont un sans trop s’être forcé ni avoir retenu grand chose. Même en étant intéressée par mon domaine et en faisant mes lectures et exercices, j’ai acquis de bonnes bases, mais si quelqu’un me challenge au niveau des lois en droit des affaires, ou en fiscalité, je ne m’obstinerai pas longtemps :stuck_out_tongue: Surtout que ça évolue d’année en année!

@m.bisaillon ou encore, la même matière répétée dans 4 cours différents :stuck_out_tongue:


(B Lesperance) #12

Marie, je n’ai personnellement jamais été à l’université, mais pour avoir un DEC en Travail Social et un AEC en Production Audio, je trouve que le système d’éducation ne fait que se ressembler…

On apprend les bases d’un métier X, on fait des examens papiers, on fait des stages (pour les chanceux!). Ensuite, marché du travail. T’es “condamné” à faire ce métier pour lequel tu as donné tant d’années de vie pour finalement, prendre ta retraite 40 ans plus tard. Référence à “Rich Dad, Poor Dad”! :wink:

Mais durant mon AEC de 625 heures, j’ai eu seulement un cours de 3 heures sur le travail autonome… Sérieusement? Le système n’aide pas plus que ça à aider les étudiants à se développer au niveau autonomie et entrepreunariat? :open_mouth:

Mais bref, pour l’euniversité, j’en connais plusieurs qui vivent la même situation de faire du par-coeur et de vomir tout ça sur une feuille ensuite!.. :frowning:


(Simon Brisson) #13

Merci pour ta réponse j’aime ton honneteté


(Marie-Pierre Guignard) #14

Définitivement.
À chaque fois que j’ai acquéri un nouveau diplôme, je gagnais en confiance. Après mon bac, je n’aurais jamais eu le guts de dire (poliment) après mon ancien employeur que son produit était bon pour les poubelles et qu’il fallait changer de stratégie. Après ma maitrise, je l’ai fait. Je me sentais confiante en mes idées et j’étais en mesure de mieux défendre mes points.

Là où je tiens à apporter une précision: Si j’avais travaillé ces 6 années plutôt que d’aller aux études, je suppose que j’aurais gagné cette même confiance, mais grâce à l’expérience de travail plutôt que l’université.

Je pense que ça dépend beaucoup du genre de job que tu vises. «Si tu vises ce niveau, il va te falloir un diplôme de 2e cycle, ça va remplacer 5-10 ans d’expérience, tu vas monter les échelons plus rapidement, etc». Je me suis fait dire ça un nombre incalculable de fois. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai fait mon MBA. Les grosses entreprises accordent beaucoup d’importance au diplôme. Par ces entreprises, j’ai été énormément gratifiée du fait que j’avais mon «MBA», alors que je sais pertinemment qu’il ne m’amène aucune des connaissances que j’apporte à l’entreprise.

Ça dépend aussi énormément du prof que tu vas avoir. Un prof peut valoir l’investissement de toutes tes études!


(Anouk) #15

L’école…
J’ai fait une technique de laboratoire médicale au CEGEP puis plus tard une attestation en tourisme… Pour finalement… travailler dans l’entreprise familiale, un laboratoire de photo et j’en suis aujourd’hui la propriétaire avec mon frère. Donc le marketing, la gestion des affaires… Je les appris par l’expérience de travaille, et les différentes situations auxquelles la vie nous demande de faire face.
Ça fait 45 ans que la compagnie existe et ça fait 6 ans que mon frère Arnaud et moi avons repris l’entreprise, et 24 ans que j’y travaille et ça fonctionne très bien. On a eu des challenges avec le passage du négatif au numérique et la baisse drastique de l’impression des images. Mais on a du se réinventer, aujourd’hui on ne se limite plus à imprimer de la photo mais on imprime sur des matériaux comme le plexiglass, le métal, le canevas… Bref…
Est-ce que l’école est pertinente… Je ne crois pas…Ma nièce 18 ans qui était en infographie pré-média… elle a laissé tomber, ce qu’ils apprennent est tellement archaïque par rapport à la réalité que c’est démotivant. Elle a arrêté l’école, ce qu’elle voudrait faire…de la gestion de média sociaux, marketing sur le média sociaux, elle nage comme un petit poisson dans l’eau pour comprendre tout ça… mais il n’y a aucune formation qui existe et s’il y en avait une…il ne serait jamais à jour, google change trop vite :wink:
Alors pour l’instant on la laisse se faire les dents sur nos projets. Et je lui dis de s’instruire sur la Tranchée :slight_smile:


(Thomas Gabillet) #16

Hello^^

Je pense que l’université sert surtout à structurer la pensée et avoir une rigueur de travail.

Pour le reste y a rien de mieux que l’expérience, malheureusement pour nous en France les gens sont beaucoup trop sur les diplômes.


(Melanie Halley) #17

Je pense que ca dépend vraiment du domaine dans lequel on travaille ensuite. Si on fait une maîtrise en marketing, clairement ca ne sert pas à faire du commerce en ligne ou développer une business. Ca sert à travailler en recherche marketing pour d’autres entreprises ou pour des universités.
Si l’objectif est de devenir une expert en e-commerce, en publicité facebook ou Adwords…clairement l’université n’est pas utile.
J’ai fait mon BAC en marketing et je dois avouer qu’il m’a plus apporté au niveau de la gestion globale. Comprendre une entreprise et son fonctionnement. (je ne suis pas à mon compte, j’ai travaillé pour une très grosse entreprise et maintenant je suis dans une PME) J’utilise beaucoup de choses que j’ai appris à l’université. Pis je prends encore des cours ! Je ne me lasse pas !


(Joanie Paradis) #18

Je crois que ça va changer quand les “jeunes” de notre génération vont arriver à la direction de ces entreprises. Pour nos parents, ils accordent encore beaucoup de valeur aux diplômes et cela change avec le temps!